Le fonctionnement du travail temporaire en Suisse
En travail temporaire, vous n'êtes pas employé par l'hôpital, l'EMS ou le service d'aide et de soins à domicile, mais par une entreprise de location de services. C'est elle qui signe votre contrat, verse le salaire et les cotisations sociales et vous place chez son client. En Suisse, la location de services est soumise à autorisation selon la loi sur le service de l'emploi (LSE), et la branche est couverte par une convention collective de travail Location de services, déclarée de force obligatoire, qui fixe des standards minimaux.
Trois formules dominent dans la santé : les remplacements ponctuels à court terme, les pools, où vous êtes régulièrement disponible pour une ou plusieurs institutions, et les missions plus longues de plusieurs semaines ou mois, par exemple pour couvrir un poste vacant. Beaucoup de professionnels passent de l'une à l'autre au fil du temps.
Le travail temporaire n'est pas un pis-aller, mais un modèle d'emploi à part entière, avec ses propres règles. Qui les connaît peut utiliser la flexibilité à bon escient.
À qui le modèle convient le mieux
Le travail temporaire convient surtout aux professionnels expérimentés qui souhaitent organiser leur travail autour de leur vie, et non l'inverse. Situations typiques ?
- Parents ou proches aidants qui ne peuvent travailler que certains jours ou à certaines heures.
- Étudiants et personnes en formation continue qui adaptent leur taux d'activité à chaque semestre.
- Professionnels qui veulent travailler quelques semaines ou mois entre deux voyages ou congés.
- Soignants expérimentés qui souhaitent découvrir d'autres services, établissements ou régions avant de s'engager à nouveau.
- Personnes après une démission ou un déménagement qui veulent continuer à travailler sans interruption tout en sondant le marché.
Quand un poste fixe convient mieux
Le travail temporaire convient moins si vous tenez à une équipe stable, à des routines connues et à une évolution au sein du même établissement. Si vous ne vous sentez à l'aise dans une nouvelle équipe qu'après un long moment, ou si les changements de lieu vous pèsent, un poste fixe vous rendra souvent plus serein. Les jeunes diplômés profitent en général davantage d'une intégration structurée et d'un référent attitré.
La flexibilité a ses limites
Les missions que vous obtenez dépendent de votre qualification, de la région, de la saison et de la demande. Vous pouvez influencer jours, horaires et taux d'activité, mais pas les fixer librement. Exclure les week-ends et n'accepter que des services du matin dans une seule ville réduit forcément les offres.
Les conditions dans la pratique
La base est un diplôme reconnu en Suisse. Les diplômes étrangers en soins infirmiers et dans d'autres professions de la santé sont reconnus, selon la profession, par la Croix-Rouge suisse (CRS) ou, pour les professions médicales universitaires, par la MEBEKO. Exercer sous sa propre responsabilité professionnelle peut en outre exiger une autorisation cantonale de pratiquer. Clarifiez ces points avant la première mission, car les procédures prennent souvent plusieurs semaines.
| Question | Ce qui compte | Plaide pour le temporaire si … |
|---|---|---|
| Mon diplôme est-il reconnu ? | Possibilité formelle d'être engagé | la reconnaissance est acquise ou le sera à temps |
| Ai-je assez d'expérience ? | Assurance professionnelle sans longue intégration | vous vous adaptez vite à un nouveau cadre |
| Ma maîtrise de la langue régionale suffit-elle ? | Communication avec l'équipe et les patients | vous communiquez sûrement même sous pression |
| Comment je vis le changement ? | Résistance et ouverture | la variété vous motive plus qu'elle ne vous fatigue |
| Ai-je besoin d'un revenu régulier ? | Prévisibilité | vous pouvez absorber des variations de revenu |
Vérifier le contrat et les conditions
Le salaire horaire en temporaire paraît souvent plus élevé que le salaire mensuel d'un poste fixe. La comparaison n'est équitable que si vous intégrez tous les éléments. Passez le contrat en revue point par point ?
- Indemnité de vacances et de jours fériés : est-elle indiquée séparément ? Pour quatre semaines de vacances, elle représente 8,33 : du salaire, pour cinq semaines 10,64 ?.
- Suppléments de nuit, de week-end et de piquet : quel montant, et s'appliquent-ils à toutes les missions ?
- Caisse de pension : à partir de quelle durée de mission êtes-vous assuré LPP ?
- Indemnités journalières maladie et accident : que se passe-t-il si vous tombez malade pendant ou entre deux missions ?
- Délais de congé : durant les premiers mois, ils sont en général plus courts que pour un poste fixe.
- Temps de trajet, frais et mise au courant : sont-ils rémunérés ?
Conseil
Faites confirmer par écrit les conditions de chaque mission. Pour toute question sur la CCT ou les assurances sociales, les associations professionnelles et les syndicats peuvent vous renseigner.
Questions fréquentes
Gagne-t-on davantage en temporaire qu'en poste fixe ?
Puis-je travailler en temporaire avec un diplôme étranger ?
Le temporaire est-il adapté juste après la formation ?
Puis-je revenir plus tard à un poste fixe ?
Suis-je assuré entre deux missions ?
Le travail temporaire est un bon choix lorsque qualification, expérience et situation personnelle concordent et que les conditions contractuelles sont transparentes.