L'essentiel en bref
Le système suisse des trois piliers doit garantir un revenu de base en cas d'invalidité ou de décès. Qu'il maintienne votre niveau de vie dépend fortement de votre situation : niveau de salaire, statut professionnel, état civil, enfants et hypothèque. Si vous n'êtes assuré qu'au minimum légal dans la prévoyance professionnelle, votre risque est nettement plus élevé.
- Repère approximatif : si les prestations des 1er, 2e et 3e piliers réunies restent sous environ 80 à 90 % du revenu net antérieur, un examen plus précis s'impose.
- Sont particulièrement exposés les indépendants sans caisse de pension, les salaires élevés assurés au seul minimum LPP et les couples non mariés.
- Le certificat de prévoyance de la caisse de pension est le point de départ le plus important de l'analyse.
Où naissent les lacunes
Une lacune de prévoyance est rarement un trou unique. Plusieurs effets s'additionnent, selon que l'événement résulte d'une maladie ou d'un accident, et selon la personne concernée.
| Situation | Ce que couvre la protection de base | Lacune typique |
|---|---|---|
| Longue maladie | Maintien du salaire ; indemnités journalières seulement si une assurance existe | Pas d'obligation légale d'assurance d'indemnités journalières, lacune jusqu'à la décision AI |
| Invalidité | Rente AI et rente d'invalidité de la caisse de pension | Au minimum LPP, seule une partie du salaire est assurée |
| Décès, couple marié | Rentes de survivants de l'AVS et de la caisse de pension | Frais courants, hypothèque et formation des enfants souvent non couverts |
| Décès, concubinage | Aucune rente de survivant AVS pour le partenaire | Prestation de la caisse seulement si le règlement la prévoit et que les conditions sont remplies |
| Indépendants | AVS et AI ; prévoyance professionnelle facultative | Sans affiliation, le 2e pilier manque presque entièrement |
Des règles en mutation
Les rentes de survivants de l'AVS, en particulier pour les veuves et les veufs, font l'objet de réformes politiques. Vérifiez l'état actuel auprès de votre caisse de compensation AVS ou d'un spécialiste avant d'en tenir compte dans vos décisions.
Bien lire le certificat de prévoyance
Le certificat annuel paraît touffu au premier abord. Pour évaluer les risques, quelques rubriques suffisent. Notez-les et comparez-les à votre budget.
- Salaire assuré : quelle part de votre salaire est réellement assurée ? La déduction de coordination peut faire tomber le salaire assuré nettement sous le salaire AVS.
- Rente d'invalidité : montant annuel en cas d'incapacité de gain totale.
- Rente de conjoint ou de partenaire : montant et conditions.
- Rente d'orphelin ou d'enfant, par enfant.
- Capital-décès : versé ou non en plus des rentes, et pour quel montant.
- Délai d'attente et libération des cotisations : dès quand les prestations sont versées et si les cotisations sont prises en charge en cas d'invalidité.
Si une information manque ou reste floue, interrogez votre caisse de pension. C'est le règlement qui fait foi, pas le résumé du certificat.
Calculer la lacune en quatre étapes
- Définir le besoin : de quel revenu net le ménage a-t-il besoin pour le logement, les frais courants, les enfants et les impôts ?
- Additionner les prestations : rentes AI ou de survivants de l'AVS (la caisse de compensation établit un calcul prévisionnel sur demande), rentes de la caisse de pension, assurances privées existantes.
- Séparer les scénarios : calculer maladie et accident séparément, car l'assurance-accidents verse d'autres prestations aux salariés.
- Évaluer l'écart : quelle est la lacune annuelle et combien de temps dure-t-elle, par exemple jusqu'à l'autonomie des enfants ou l'amortissement de l'hypothèque ?
Un exemple : un couple avec deux jeunes enfants et un logement en propriété vit surtout du revenu d'un des partenaires. Si celui-ci décède, des rentes de survivants sont versées, mais elles restent le plus souvent nettement inférieures au salaire antérieur. Si l'hypothèque ne peut plus être assumée, la maison risque d'être vendue. Un capital-décès couvrant une partie de l'hypothèque peut désamorcer cette situation.
Comment combler la lacune
- Caisse de pension : l'employeur peut proposer des plans surobligatoires ou pour cadres assurant des salaires plus élevés et de meilleures prestations de risque.
- Indépendants : affiliation facultative à la prévoyance professionnelle, par exemple via l'institution d'une association professionnelle ou l'institution supplétive. L'Association suisse des cadres SKV indique proposer une telle solution même sans personnel.
- Assurances de risque privées en pilier 3a ou 3b : rente en cas d'incapacité de gain, capital-décès, rente d'orphelin.
- Indemnités journalières maladie : à examiner pour les indépendants et les salariés sans assurance collective.
- Concubinage : annoncer le partenaire comme bénéficiaire à la caisse de pension, organiser une protection mutuelle par des assurances de risque et un testament.
Répondre honnêtement aux questions de santé
Les assurances de risque privées exigent un examen de santé. Conclure tant que l'on est en bonne santé permet d'obtenir de meilleures conditions. Des réponses fausses ou incomplètes peuvent conduire l'assureur à refuser de payer au moment critique. En cas de doute, consultez un spécialiste indépendant.