Invalidité et décès : comment repérer vos lacunes de prévoyance

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Rédaction MaxQ
Guide indépendant · vérifié par la rédaction
Dernière vérification : 25 septembre 2026

L'essentiel en bref

Le système suisse des trois piliers doit garantir un revenu de base en cas d'invalidité ou de décès. Qu'il maintienne votre niveau de vie dépend fortement de votre situation : niveau de salaire, statut professionnel, état civil, enfants et hypothèque. Si vous n'êtes assuré qu'au minimum légal dans la prévoyance professionnelle, votre risque est nettement plus élevé.

  • Repère approximatif : si les prestations des 1er, 2e et 3e piliers réunies restent sous environ 80 à 90 % du revenu net antérieur, un examen plus précis s'impose.
  • Sont particulièrement exposés les indépendants sans caisse de pension, les salaires élevés assurés au seul minimum LPP et les couples non mariés.
  • Le certificat de prévoyance de la caisse de pension est le point de départ le plus important de l'analyse.

Où naissent les lacunes

Une lacune de prévoyance est rarement un trou unique. Plusieurs effets s'additionnent, selon que l'événement résulte d'une maladie ou d'un accident, et selon la personne concernée.

SituationCe que couvre la protection de baseLacune typique
Longue maladieMaintien du salaire ; indemnités journalières seulement si une assurance existePas d'obligation légale d'assurance d'indemnités journalières, lacune jusqu'à la décision AI
InvaliditéRente AI et rente d'invalidité de la caisse de pensionAu minimum LPP, seule une partie du salaire est assurée
Décès, couple mariéRentes de survivants de l'AVS et de la caisse de pensionFrais courants, hypothèque et formation des enfants souvent non couverts
Décès, concubinageAucune rente de survivant AVS pour le partenairePrestation de la caisse seulement si le règlement la prévoit et que les conditions sont remplies
IndépendantsAVS et AI ; prévoyance professionnelle facultativeSans affiliation, le 2e pilier manque presque entièrement

Des règles en mutation

Les rentes de survivants de l'AVS, en particulier pour les veuves et les veufs, font l'objet de réformes politiques. Vérifiez l'état actuel auprès de votre caisse de compensation AVS ou d'un spécialiste avant d'en tenir compte dans vos décisions.

Bien lire le certificat de prévoyance

Le certificat annuel paraît touffu au premier abord. Pour évaluer les risques, quelques rubriques suffisent. Notez-les et comparez-les à votre budget.

  • Salaire assuré : quelle part de votre salaire est réellement assurée ? La déduction de coordination peut faire tomber le salaire assuré nettement sous le salaire AVS.
  • Rente d'invalidité : montant annuel en cas d'incapacité de gain totale.
  • Rente de conjoint ou de partenaire : montant et conditions.
  • Rente d'orphelin ou d'enfant, par enfant.
  • Capital-décès : versé ou non en plus des rentes, et pour quel montant.
  • Délai d'attente et libération des cotisations : dès quand les prestations sont versées et si les cotisations sont prises en charge en cas d'invalidité.

Si une information manque ou reste floue, interrogez votre caisse de pension. C'est le règlement qui fait foi, pas le résumé du certificat.

Calculer la lacune en quatre étapes

  1. Définir le besoin : de quel revenu net le ménage a-t-il besoin pour le logement, les frais courants, les enfants et les impôts ?
  2. Additionner les prestations : rentes AI ou de survivants de l'AVS (la caisse de compensation établit un calcul prévisionnel sur demande), rentes de la caisse de pension, assurances privées existantes.
  3. Séparer les scénarios : calculer maladie et accident séparément, car l'assurance-accidents verse d'autres prestations aux salariés.
  4. Évaluer l'écart : quelle est la lacune annuelle et combien de temps dure-t-elle, par exemple jusqu'à l'autonomie des enfants ou l'amortissement de l'hypothèque ?

Un exemple : un couple avec deux jeunes enfants et un logement en propriété vit surtout du revenu d'un des partenaires. Si celui-ci décède, des rentes de survivants sont versées, mais elles restent le plus souvent nettement inférieures au salaire antérieur. Si l'hypothèque ne peut plus être assumée, la maison risque d'être vendue. Un capital-décès couvrant une partie de l'hypothèque peut désamorcer cette situation.

Comment combler la lacune

  • Caisse de pension : l'employeur peut proposer des plans surobligatoires ou pour cadres assurant des salaires plus élevés et de meilleures prestations de risque.
  • Indépendants : affiliation facultative à la prévoyance professionnelle, par exemple via l'institution d'une association professionnelle ou l'institution supplétive. L'Association suisse des cadres SKV indique proposer une telle solution même sans personnel.
  • Assurances de risque privées en pilier 3a ou 3b : rente en cas d'incapacité de gain, capital-décès, rente d'orphelin.
  • Indemnités journalières maladie : à examiner pour les indépendants et les salariés sans assurance collective.
  • Concubinage : annoncer le partenaire comme bénéficiaire à la caisse de pension, organiser une protection mutuelle par des assurances de risque et un testament.

Répondre honnêtement aux questions de santé

Les assurances de risque privées exigent un examen de santé. Conclure tant que l'on est en bonne santé permet d'obtenir de meilleures conditions. Des réponses fausses ou incomplètes peuvent conduire l'assureur à refuser de payer au moment critique. En cas de doute, consultez un spécialiste indépendant.

Questions fréquentes

Les indépendants peuvent-ils s'affilier à une caisse de pension ?
Oui. Les indépendants ne sont pas assurés obligatoirement, mais peuvent s'affilier à titre facultatif, par exemple via une association professionnelle ou l'institution supplétive. Cela vaut aussi sans personnel.
L'AVS et la caisse de pension suffisent-elles en cas de décès ?
Souvent pas, lorsqu'une famille, une hypothèque ou d'autres engagements sont en jeu. L'important est de savoir si le revenu du conjoint survivant et les rentes couvrent les frais courants.
Les partenaires non mariés sont-ils automatiquement protégés ?
Non. L'AVS ne verse pas de rente de survivant aux concubins. Les caisses de pension peuvent prévoir des prestations, mais les soumettent souvent à des conditions et à une annonce écrite.
Comment reconnaître une lacune en cas d'incapacité de gain ?
Additionnez les rentes attendues des trois piliers et comparez-les à votre revenu net. Si le résultat se situe nettement sous 80 à 90 %, il faut en général agir.
À quelle fréquence vérifier sa couverture ?
À chaque événement important : mariage, naissance, achat immobilier, changement d'emploi, passage à l'indépendance ou séparation. Sinon, un contrôle tous les quelques ans suffit.